Hannibal la
legende de carthage Hannibal Barca (en phénicien Hanni-baalsignifie
« qui a la faveur de Baal »1 et Barca,
« foudre »2),
généralement appelé Annibal ouHannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (au nord-est de l’actuelle Tunis en Tunisie) et mort
par suicide entre 183 et 181 av. J.-C.3,4,5 enBithynie (près de l’actuelle Bursa en Turquie), est
un général et homme politiquecarthaginois,
généralement considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de
l’histoire.
Il grandit durant une période de tension dans le bassin méditerranéen, alors
que Romecommence à imposer sa puissance enMéditerranée occidentale : après la prise de laSicile et de la Sardaigne,
conséquence de laPremière guerre punique, les
Romains envoient des troupes en Illyrie et poursuivent la colonisation de l’Italie
du Nord. Élevé, selon la tradition historiographique latine, dans la haine de
Rome, il est, selon ses ennemis, à l’origine de la Deuxième guerre punique que les Anciens appelaient d’ailleurs
« guerre d’Hannibal ».
À la fin de l’année 218, il quitte l’Espagne avec son armée et traverse les Pyrénées, puis
lesAlpes pour gagner le nord de l’Italie.
Pourtant, il ne parvient pas à prendre Rome. Selon certains historiens, Hannibal ne
possède alors pas le matériel nécessaire à l’attaque et au siège de la ville6.
Pour
John Francis Lazenby, ce ne serait pas le manque d’équipements, mais celui de
ravitaillement et son ambition politique qui empêchent Hannibal d’attaquer la
cité7.
Néanmoins, il réussit à maintenir une armée en Italie durant plus d’une
décennie sans toutefois parvenir à imposer ses conditions aux Romaicontre-attaque de ces derniers le force à retourner à Carthage
où il est finalement défait à la bataille de Zama, en 202 av. J.-C..
L’historien militaire Theodore Ayrault Dodge lui donne le surnom
de « père de la stratégie »8 du fait que son plus grand ennemi, Rome,
adopte par la suite des éléments de sa tactique militaire dans son propre
arsenal stratégique. Cet héritage lui confère une réputation forte dans le
monde contemporain où il est considéré comme un grand stratège par des
militaires, tels queNapoléon Ier et le duc de Wellington. Sa vie sert plus tard de trame à de
nombreux films et documentaires.
Au milieu du iiie siècle av. J.-C.,
la ville de Carthage, où naît Hannibal3, est fortement imprégnée de la culture hellénistique issue des
vestiges de l’empire d’Alexandre le Grand9. Carthage occupe alors une place
prépondérante dans les échanges commerciaux du bassin méditerranéen et possède
notamment des comptoirs en Sicile, en Sardaigne, sur les côtes de l’Hispanie et en Afrique du Nord. Elle dispose également d’une
importante flotte de guerre qui assure la sécurité des routes maritimes
empruntées par ses marchands : vers Alexandrie au sud de la Méditerranée,
vers l’Espagne à l’ouest, où se trouvent les mines d’argent propres à régler le
tribut exigé par Rome après la Première guerre punique.
L’autre puissance méditerranéenne de
cette époque est Rome, avec laquelle Carthage entre en conflit pendant une
vingtaine d’années lors de la Première guerre punique (« punique »10est un adjectif dérivé de
« phénicien »11 utilisé pour désigner les
Carthaginois12), première guerre d’envergure dont Rome
sort victorieuse. Cet affrontement entre la République romaine et Carthage est
provoqué par un conflit secondaire à Syracuse. Il est marqué par trois phases sur des
terrains d’opérations terrestres et maritimes : en Sicile (264-256), en Afrique (256-250) et à nouveau en
Sicile (250-241). C’est lors de cette
dernière phase, puis surtout après la guerre, que Hamilcar Barca, père d’Hannibal, qui dirige la guerre
contre Rome depuis 247, se fait connaître.
Après une défaite navale aux îles Égades au nord-ouest de la Sicile, il
doit, au printemps 241, signer un traité avec le consul romain Caius
Lutatius Catulus13. Cet accord impose à Carthage de
quitter la Sicile9 mais lui permet de conserver sa
flotte.
ns.